Industrie céramique italienne : quelle décarbonation ? | de Sara Seghedoni

Les secteurs industriels italiens énergivores ont présenté aux ministres du Développement économique Giancarlo Giorgetti, de la Transition écologique Roberto Cingolani et de l’Agriculture Stefano Patuanelli une étude, réalisée par le Boston Consulting Group, visant à comprendre les impacts, les risques, le potentiel et les voies de développements futurs sur le thème de la décarbonation. L’objectif de cette étude est d’évaluer correctement les possibilités réelles de décarbonation à l’horizon 2030 et 2050 pour les secteurs industriels difficiles à décarboner.

Les secteurs inclus dans l’étude (céramique, chimie, ciment, papier, fonderies, verre, acier) génèrent 20 % du total des émissions italiennes, la céramique représentant environ 1 %.

 

 

La compétitivité de ces secteurs, qui génèrent 26 milliards d’euros de valeur ajoutée brute et réalisent environ 60 % de leur chiffre d’affaires à l’exportation, est déjà menacée par la dynamique de l’ETS (Échange de quotas d’émission). L’étude montre que si ces secteurs devaient acheter des quotas de CO2 sur le marché, ils pourraient être confrontés à un coût d’exploitation insoutenable de 15 milliards d’euros sur 10 ans, avec un poids cumulé de 8 à 20 % de la marge brute d’exploitation.

La décarbonation de ces secteurs ne peut être réalisée que par le biais d’un portefeuille diversifié de solutions, dont certaines ne sont toujours pas disponibles aujourd’hui : l’efficacité énergétique, l’économie circulaire, les carburants à faible teneur en carbone, le piégeage du CO2, les carburants verts (hydrogène et biométhane) et l’électrification pourraient réduire les émissions directes prévues atteindre 40 % d’ici 2030.

 

 

L’étude montre également que pour atteindre les objectifs à l’horizon 2050, il faudra exploiter pleinement le potentiel des trois leviers les plus innovants : le captage du CO2, l’électrification et les carburants verts (hydrogène et biométhane), qui ne sont assurément pas disponibles aujourd’hui et qui peuvent toutefois être appliqués différemment selon les secteurs.

En ce qui concerne le secteur de la céramique, le levier stratégique CCUS (Captage, stockage, transport et valorisation du CO2) risque d’avoir une application limitée, à cause des faibles concentrations de CO2 des points d’émission, et l’électrification présente une faisabilité également limitée. Les carburants verts sont donc identifiés comme levier prioritaire du processus de décarbonation à l’horizon 2050, à savoir remplacer le gaz naturel par du biogaz/biométhane ou de l’hydrogène (jusqu’à 50 % pour ne pas impacter la qualité du produit fini).

 

 

On pourra commencer par mettre en place un plan de fonds dédié à ces secteurs, capable de soutenir une vaste activité de recherche et de développement et de favoriser la mise en œuvre de nouvelles technologies et de nouveaux vecteurs énergétiques. On ajoutera à cela des mécanismes de soutien aux mesures déjà envisagées (p. ex. TEE, cogénération), ainsi que des outils d’accès à une énergie verte compétitive.

Confindustria Ceramica – dont la participation à l’étude ne veut pas dire qu’elle accepte les tendances réglementaires en cours au niveau de l’UE (notamment en ce qui concerne le SCEQE) et les coûts y afférents – continuera à mener, aussi bien au plan national qu’européen, toutes les actions visant à obtenir les changements nécessaires pour que l’industrie céramique italienne puisse soutenir une transition énergétique compatible avec son exposition à la concurrence internationale.

Téléchargez le résumé de l’étude « Decarbonisation of hard-to-abate sectors » (version en italien) réalisée par Boston Consulting Group pour le compte d’Interconnector Energy Italia s.c.p.a., Federbeton, Federacciai, Assocarta, Confindustria Ceramica, Federchimica, Assofond, Assovetro.

 

Décembre 2021